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Le pays le plus couvert du monde : guide de terrain pour lire la couverture d'Israël

Par La rédaction de The Israel DeskPublié:

Caméras de presse lors d'un événement
Caméras de presse lors d'un événement Images

Israël a peu ou prou la taille du New Jersey et pourtant, bien des jours, il ouvre les journaux télévisés de trois continents. Des centaines de journalistes étrangers y sont accrédités, l'un des corps de presse les plus denses du monde, et des milliards de personnes se forgent leur image du pays à travers ce que ce corps transmet. Cette page existe pour surveiller cette machine. Voici comment elle tourne, et comment lire ce qu'elle produit.

Pourquoi tant de couverture

Plusieurs moteurs tournent en même temps. Le conflit touche trois religions mondiales et leurs lieux saints : sa portée dépasse donc de loin sa carte. Les grandes puissances ont des intérêts dans la région : chaque escalade est donc aussi une histoire mondiale. Israël est ouvert : les journalistes peuvent s'y installer, y travailler et le critiquer de l'intérieur, ce qui n'est pas vrai de la plupart de ses voisins. Et des décennies de couverture s'autoalimentent, car un public dressé à s'intéresser continue de s'intéresser.

D'où viennent les mots

L'essentiel de ce que vous lisez s'assemble à partir d'un petit panier d'intrants : communiqués de l'armée et du gouvernement, communiqués des autorités palestiniennes et des organismes administrés par le Hamas à Gaza, images et affirmations circulant sur les réseaux, et sources propres du reporter. Chaque intrant a ses intérêts. Un article soigné dit de quel intrant vient chaque fait ; un article négligent fond le tout en une seule voix assurée.

Cinq réflexes de lecture

Un : cherchez l'attribution. « Selon les responsables sanitaires de Gaza » et « selon l'armée » sont des affirmations différentes, pas des faits établis. Deux : surveillez les verbes. Qui a attaqué, qui a riposté, qui est « mort » et qui a été « tué » peuvent porter un verdict logé dans la grammaire. Trois : regardez l'horloge. Les premiers bilans et les premières explications sont régulièrement révisés, et la correction voyage rarement aussi loin que l'original. Quatre : repérez les absences, un article sur une frappe qui ne dit jamais ce qui a été frappé, une salve de roquettes reléguée en toile de fond au cinquième paragraphe. Cinq : séparez la photographie de sa légende. Les images sont le plus souvent vraies ; c'est le cadrage autour d'elles qui porte l'argument.

Ce que fait cette rubrique

Observatoire des médias suit la façon dont les grands médias couvrent Israël : rectificatifs publiés ou non, choix de vocabulaire, photos d'agence et leurs légendes, et l'écart entre un titre et l'article qu'il coiffe. Le but n'est pas de déclarer la presse ennemie. C'est de traiter la couverture comme un produit doté d'une chaîne d'approvisionnement, que les lecteurs ont le droit d'inspecter.

L'aveu honnête

Aucun média, celui-ci compris, ne se tient hors du problème. Chaque rédaction choisit ce qu'elle couvre et ce qu'elle laisse, et ce choix est déjà une prise de position. La parade n'est pas de trouver une source parfaite : c'est de lire plusieurs sources imparfaites les yeux ouverts.

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