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Plus qu'une amitié : comment fonctionne vraiment l'alliance américano-israélienne

Par La rédaction de The Israel DeskPublié:

Drapeaux américain et israélien
Drapeaux américain et israélien Images

Toute histoire israélienne finit par passer par Washington. Une livraison d'armes, une résolution de l'ONU, un accord sur les otages négocié avec des émissaires américains dans la pièce : les États-Unis sont un personnage de l'actualité d'Israël comme ne l'est aucun autre pays. Les partisans disent le lien incassable ; les détracteurs y voient l'œuvre d'un lobby. Les deux slogans cachent la mécanique. Voici de quoi la relation est réellement faite.

Le pipeline militaire

L'épine dorsale est un mémorandum d'entente sur dix ans, l'actuel signé en 2016, pesant 38 milliards de dollars d'aide militaire : 3,3 milliards par an de financement militaire étranger plus 500 millions pour la défense antimissile. L'essentiel doit être dépensé en armes américaines, si bien que l'aide est aussi un programme industriel américain. S'y ajoutent des enveloppes d'urgence votées par le Congrès pendant les guerres, et un stock d'armes américaines prépositionné en Israël où les deux armées peuvent puiser.

Ce qu'Israël rend

Le flux n'est pas à sens unique. Israël fournit aux États-Unis des données de combat réelles sur des systèmes américains, des interceptions antimissiles aux performances des avions, du renseignement éprouvé au feu sur l'Iran et les réseaux djihadistes, et des technologies qui migrent vers les plateformes américaines : savoir-faire des drones, protection des blindés, outils cyber. Pour Washington, Israël fait office d'allié lourdement armé et riche en renseignement dans une région où l'Amérique a réduit sa propre empreinte.

Le bouclier diplomatique

Au Conseil de sécurité de l'ONU, le veto américain a bloqué des dizaines de résolutions contre Israël depuis les années 1970. Le bouclier n'est pas automatique : des administrations se sont abstenues pour laisser passer des résolutions quand elles voulaient envoyer un message, et chaque abstention devient une tempête politique dans les deux capitales.

Là où ils se disputent

L'alliance comporte de vraies querelles récurrentes : sur la construction dans les implantations, sur la forme d'un éventuel État palestinien, sur des ventes d'armes que la Maison-Blanche retarde pour marquer son mécontentement, et sur l'Iran, où Jérusalem a souvent préféré la pression et les frappes quand Washington a deux fois choisi des accords négociés. Un drame à part est intérieur : le soutien à Israël, jadis solidement bipartisan en Amérique, se mesure aujourd'hui très différemment entre les deux partis et en leur sein, ce que les deux gouvernements suivent de près.

Comment lire les signaux

Parce que la mécanique est routinière, l'actualité loge dans les écarts. Une livraison retardée, une « remontrance privée » fuitée, une abstention à l'ONU, une invitation accordée ou retenue : c'est la langue des signes de l'alliance. Quand cette rubrique les rapporte, la question à poser est toujours : quel levier touche-t-on, le pipeline militaire, le bouclier diplomatique ou l'accolade publique, et que veut dire ce geste.

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